Les parts partagées
de pâtes de lombric sans pattes machouillant
ceux qui sont tombés à terre, transformant le débris
en compost humide et odorant.
Que tout est dur, quand le vent pousse
les pommes à terre, qu'entre les mottes
des trous de vers descendent vers les profondeurs.
Il est un peu mieux, souvent desséché,
alors que tous les autres humides et moites prospèrent.
Il a encore peu souffert, malgré le bruit du fond
du tuyau de l'évier.
Où va le son ?
Le morceau disparait, le vide reste opaque et sombre,
abandonné aux ombres et aux ténèbres.
Au-delà des statues
nous avons parcouru les sentiers
attentifs aux ombres entre les branches,
attentifs aux bruits entre les troncs.
Quand le blanc des pierres disparaît derrière le lierre,
les veines des chairs sous la peau,
il est temps d'allonger ses jambes.
Allonger le pas entre les socles taillés dans le marbre marbré de rose,
entre les rosiers taillés dans la roseraie parfumée de roses.
Un désert de rocs dans une légère pente parsemée de thym et de persil,
la trace d'une vie dans l'humidité de la mousse et du lichen,
des grains de poussières éparpillés entre le souffle et le vent.
Sous la peau le picotement, la brûlure du feu sur le bout des doigts.
Je le savais,
je savais qu'il ne fallait pas y aller,
qu'il fallait rester assis sur le mur séparant
le jardin et la forêt.
Tout le monde travaille
Tout le monde travaille, tout le monde a repris.
On n'y arrive pas, pas comme on voudrait.
Pas sans se cogner sur des tables à quatre pieds,
posées en travers des expertises parlées à travers
des objets immobiles.
L'activité dévoile les ombres des règlements, des objectifs
classés dans des dossiers en carton.
Ceux qui sont partis, n'ont rien ramené.
Ce que j'ai fait m'a semblé très bien,
malgré les poussières, la chaleur du soleil,
le cœur malade.
Les cahiers entassés n'expliquent pas pourquoi
rien ne s'est passé comme prévu, obligé de s'assoir
le dos au mur.
Tu peux toujours attendre la fin du jour, attendre
que rien ne se passe ou chaque heure ressemble
aux autres heures.
Compter les minutes, chaque minute passée est passée.
J'ai repris le chemin, je suis là.
J'attaque les couloirs et les entresols.
aujourd'hui en rang sur des chaises empilées.
Les matières molles entre les matières dures,
espacent les corps inertes.
Leur somme est supérieur à la totalité
des dos, des pieds, des bras entassées.
La théorie de la conservation de la masse de la matière
ne peut pas se faire sans prendre en compte
les corps intermédiaires crées
quand la séparation
les éloigne les uns des autres.
La grande table avec son avis de réunion
pour donner les objectifs de bois, de carton,
constructions de boites emboitées,
réunie la vapeur des mots projetés.
Un ogre rode, posant son mouchoir à l’arrière
des derrières, affiche les contacts à restreindre
comme ce jour
où je me suis couché trop tard
pour être fatigué dés le matin.
Le regard vers les pointes tendues
calcule le temps nécessaire au déplacement
afin de combler par des conjonctures ces silences
interrompus d'éclaboussures machées, crachées
puis avalées.
La semaine du vingt-neuf
une nourriture plus épaisse, une soupe, une purée,
des légumes mixés.
Il faudra essayer d'être tranquille,
emporter quelques sachets de papier,
des petites bruines rendront la matières plus fluide
alors que jamais.
Oh non ! Jamais ! Je n'ai pu aller au delà.
Au delà, il y a les haleines et les griffes,
les pierres carrées recouvertes de lichens et de fougères,
les nuits opaques sentant le poil et la peau.
Je suis passé par la croix de fer,
les bas cotés sont secs, la saison est sèche,
pousse encore dans l'humidité du fond
la consoude et la prêle.
Je n'aime pas trop les changements,
le temps de cuisson doit obligatoirement
respecter les qualités, le tout mis à la vapeur
rendra moins liquide le flux et le jus reflué
avec son odeur, si caractéristique, de digestion.
Il fait chaud.
Accrocher en haut au piton, des morceaux en ramollissant,
plus mous et plus collants, se délient doucement.
Je vois ce que tu veux, grimper, mordiller, sucer, à chaque instant,
mâchouiller les plastiques siliconés,
les bouts de pains détrempés de salive bravée
et prononcer des syllabes onomatopées.
Tu viens tout de suite !
J'ai besoin d'étendre sur le fil les tissus détendus,
ne surtout pas arrêter de rincer à l'eau oxygénée les taches éclaboussées.
Excuse-moi ! Mais c'est très douloureux;
Il n'y avait plus rien. Que vois tu ?
Que vois le merle sur sa branche , que vois le pin sur sa dune ?
Quand tu rentres, il fait plus frais derrière les volets et derrière les volets
les raies laissent les particules de poussière envisager derrière
la poussière des terres et la respiration des bêtes assoiffées.
quelques gouttes sèchent sur les bords,
leurs contours calcifiés, opacifient les textures granuleuses
des roches et des chairs.
Le corps plonge les pieds en avant,
si la tête passe, tout passe.
Si mon bras pénètre cette caverne, il disparaitra corps et biens.
Si mon corps passe, au delà,
apparaitra sous l'effet des lumières crues
les petits pitons, les petits tétons, les petits pieds
portant des turgescences calcinées.
La fournaise.
J'entends un bruit, c'est un corps qui bouge.
La vibration accompagne la respiration, là, où, les membres
se referment enfermant la chaleur.
Ils ne sont pas sortis, à coté, je les entends,
dans les espace confinés, ils sont restés, des draps mouillés
tendus à travers, après avoir été lavé,
guettent guêpes et mouches,
piègent taons et poux.
.
Envoyez dés maintenant
Parle moi avec un autre ton.
Ils sont tellement proches, ce n'est pas Hong-Kong,
ce n'est pas Macao. C'est un grand singe.
Ils sont si proches, les bruits des pas en est inaudible,
l'air se compresse dans les ramifications et la paume
des mains glisse lisse sur la peau des frondaisons.
Le cliquetis des pétales et de l'acier,
les informations superposées de bruits et d'odeurs
coupées par les ombres en plein soleil
me laisse à penser.
Vais je, une fois de plus, échapper aux fers
et si la participation suffit, au delà des limites supposées,
pouvoir arrêter l'accumulation des faits.
Je m'énerve sur un petit bout de pain mâchouillé
par une langue rapeuse, entre des lèvres noires
et roses en dedans.
Cela pourrait être une solution de cribler les torses,
de cibler les poumons, de mettre à terre
les longs pieds, les longs doigts,
les longs ongles.
Que le corps tranché ne retrouve plus sa perspective,
juste des vues éparpillées parmi
les frondes des fougères.
Quand savoir si je dépasse.
Le prix n'est pas le même et il n'y aura plus
d'heures supplémentaires pour cueillir
sur les parapets les débris et les épluchures
suspendus au vide, après le vide, rien,
après rien, la chute.
Tu te retrouves avec au loin des aurores,
quelques chips de betteraves émiettées en guise
de gouter, du temps perdu en tranches
de vingt-quatre heures, tu trouves sous les pierres
la trace des pierres, sous tes pas la trace de tes pas.
C'est l'heure de manger froid, la fatigue
encore cette fatigue, celle qui interdit
de dire les mots, la fatigue dans les jambes,
celle qui ne porte plus les os gelés
quand les jambes ont trop longtemps plongées
dans les eaux glacées des rivières pour traverser
de pierres en pierres par dessus ceux qui fuient
la griffe et le couteau afin de reposer abattu,
en travers des grilles, haletant, le souffle coupé
appelant sans voix à revenir en arrière.
Cela veut dire que le travail est de qualité,
nous voila protégés des courants d'air.
Les processions remontent vers le calvaire.
Dans la boite des petits bouts de pain et des croutes,
est reporté l'ultimatum de cent jours.
Mais il y a des peaux étalées, des transpirations
suant des gouttes odorantes de racines et de feuilles.
Des intestins tordus en état d'urgence, tenus à distance
par les tréteaux où sèchent les morceaux sacrifiés,
vont se vider plus loin, loin des pieds entassés,
là où, les pavés lavés des débordements et des promiscuités
suintent encore des souffles empêchés.
J'ai mis à cuire les restes et les courgettes,
préparé les assiettes et les couverts.
Le tumulte n'est plus derrière les murs.
Dans ma cabane en verre, j'ai tendu un fil
pour étendre mes slips, mes chemises et mes pantalons.
Tout ferme, tout est flou.
Si tu dois fermer la marche sans se priver
de répondre aux sollicitations de tout ceux
qui dans la rue retiennent les choses qui tombent.
C'est comme ça que les choses tombent.
Je n'ai vu personne, ni entre les portes,
ni entre les murs, en changeant d'optique
la gravité s’accélère, les espaces laissés vacants,
sauf ceux sous terre, gonflent rendant la pression
plus amère.
Plus légère ou plus amère,
si tu lance un rocher, qu'il fracasse
la tête ou le cou entre l’omoplate et la vertèbre,
qu'il écrase un pied ou le genou au-dessus de la rotule,
forcément le corps ne sera pas le même
et les conséquences inégales,
mais si tu perce d'un bâton l’œil sous la paupière
ou la tempe prés de l'oreille, tout ce qui est gagné
est perdu, le sens de circulation inversé,
ce qui est à terre au ciel.
Au sud les jambes accrochées aux poutres
se relèveront, au nord les bras pendus au plafond
se détacheront tentant d'échapper
sur des orbites solaires
aux trajectoires circulaires.
Comment je peux controler
aujourd'hui, on nous dit, le plaisir
en public à une condition.
A condition, l'espace en intervalle, de parler
avec ses mains cachées, suspectées d'avoir
ramassées de grains et des graines pilés.
D'un coté la douleur à l'intérieur des os,
s'habituer à la douleur, reporter l'exercice
et choisir le bon fournisseur apportant
l'eau, le gaz aux étages.
Et de l'autre coté, j'ai pris un peu la route,
il fait chaud, les bruits sont revenus,
crissements et frottements,
pas moyen d'éviter la cohue, cahin-caha
on n'a pas le temps de se laver.
J'échange des obsessions crachées par dessus
les épaules dans l'espace intersidéral,
l'apesanteur s'apaise, mes flux reflux,
mon sang coagule, mon estomac est plein, j'ai mangé
un insecte et une fleur de souci, les petites pattes
et les pétales colmatent les orifices sanguinolents.
Cela fait du bien, un sentiment où rien ne passe,
le bourdonnement des ailes dans l'air,
tournant et tournant,
les petits cris des becs dans les pierres,
cliquant et cliquant.
A l'ombre, il fait bon, il fait frais.
J'ai abandonné l'idée de climatiser
entre les branches où tu pourras cueillir
les épines piquantes.
Laisse ouvert sur le bol où cuisent les noyaux,
les chaleurs transpercent les filtres pour
pénétrer derrière la paroi parfois impénétrable.
Tout le corps passe, les poils frisent au contact
de l'écorce, la peau se rétracte si l'épine pique,
la pupille dilatée explore les interstices de poussières.
Sur les branches pose l'humidité évaporée,
repose le fruit éclatée par les griffes des animaux
à pattes et les petits déchets de l'intérieur
à l'aspect brillant et luisant.
Sur le bol après la cuisson restent les bulles d'eau
opaques, leurs grains de calcaire humide,
collant aux surfaces concernées indésirables
où ne s'accrochent plus que quelques bouts
de peau rongée suspendus aux épines écarlates.
Comment faire pour ne pas mettre en danger
et être suspendu au plafond,
sans rendement et sans retour, inquiet !
Où cela va t'il nous mener ?
Que va t'on manger comme féculent ?
La digestion se met en route sous la lumière noire
de l'orage, les bruits sourds à l'intérieur,
les bruits graves sur les êtres volants.
Les êtres en mouvement et les êtres digérés,
noirs sur fond gris, avalés par les limites,
surgis des opacités, envahis de rideaux d'eau,
fendent l'épaisseur humide
la peau moite, le souffle lent,
les pieds ne reposent plus sur rien,
entre mes pieds, rien.
Je n'ai rien pu faire,
j'ai envie de ne rien faire,
pas grand chose se passe,
on pourrait même dire
qu'il ne se passe rien.
Tu vas venir
Je ne sais pas si je dois y aller demain,
le pieds ont rompu et demain, demain !
L'incertitude me hante, la chaleur est juste là
sur la peau rose, tendre et dévêtue.
Ce n'est pas certain que demain mous puisons remettre
à plus tard les chants des merles et les roucoulements.
Je recommence au début.
L’éternuement me prend, l'intérieur est intact
les fluides circulent dans le sens de la marche avant
sans cahot, ni secousse, juste, peut-être, parfois
le sentiment que le vide se fait, l'eau en gaz,
la chair en pâtée.
Je recommence au début.
Plus besoin de se cacher sous les mousses,
de se terrer dans les terriers, de se laver
avec sa salive léchée.
Il parait que bientôt, le vent soufflera
d'ouest en est, que le pluie tombera, légère,
mouillant délicatement les pétales de roses,
que le sang se répandra entre les doigts noirs
de terre grattée, que mes plaies pourries
trempées de vinaigre aigre
ne se refermeront pas.
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