Tout le monde travaille

Tout le monde travaille, tout le monde a repris.
On n'y arrive pas, pas comme on voudrait.
Pas sans se cogner sur des tables à quatre pieds,
posées en travers des expertises parlées à travers
des objets immobiles.
L'activité dévoile les ombres des règlements, des objectifs
classés dans des dossiers en carton.
Ceux qui sont partis, n'ont rien ramené.
Ce que j'ai fait m'a semblé très bien,
malgré les poussières, la chaleur du soleil,
le cœur malade.
Les cahiers entassés n'expliquent pas pourquoi
rien ne s'est passé comme prévu, obligé de s'assoir
le dos au mur.
Tu peux toujours attendre la fin du jour, attendre
que rien ne se passe ou  chaque heure ressemble
aux autres heures.
Compter les minutes, chaque minute passée est passée.
J'ai repris le chemin, je suis là.
J'attaque les couloirs et les entresols.

 

En septembre on s'en sort a peu prés,
aujourd'hui en rang sur des chaises empilées.
Les matières molles entre les matières dures,
espacent les corps inertes.
Leur somme est supérieur à la totalité 
des dos, des pieds, des bras entassées.
La théorie de la conservation de la masse de la matière
ne peut pas se faire sans prendre en compte
les corps intermédiaires crées 
quand la séparation
les éloigne les uns des autres.
La grande table avec son avis de réunion
pour donner les objectifs de bois, de carton,
constructions de boites emboitées,
réunie la vapeur des mots projetés.
Un ogre rode, posant son mouchoir à l’arrière 
des derrières, affiche les contacts à restreindre
comme ce jour 
où je me suis couché trop tard
pour être fatigué dés le matin.
Le regard vers les pointes tendues
calcule le temps nécessaire au déplacement
afin de combler par des conjonctures ces silences
interrompus d'éclaboussures machées, crachées
puis avalées.

La semaine du vingt-neuf

La semaine du vingt-neuf, je reprendrais
une nourriture plus épaisse, une soupe, une purée,
des légumes mixés.
Il faudra essayer d'être tranquille,
emporter quelques sachets de papier,
des petites bruines rendront la matières plus fluide
alors que jamais.
Oh non ! Jamais ! Je n'ai pu aller au delà.
Au delà, il y a les haleines et les griffes,
les pierres carrées recouvertes de lichens et de fougères,
les nuits opaques sentant le poil et la peau.
Je suis passé par la croix de fer,
les bas cotés sont secs, la saison est sèche,
pousse encore dans l'humidité du fond
la consoude et la prêle.
Je n'aime pas trop les changements,
le temps de cuisson doit obligatoirement
respecter les qualités, le tout mis à la vapeur
rendra moins liquide le flux et le jus reflué
avec son odeur, si caractéristique, de digestion.


Pourquoi je me cacherais
Il fait chaud.
Accrocher en haut au piton, des morceaux en ramollissant,
plus mous et plus collants, se délient doucement.
Je vois ce que tu veux, grimper, mordiller, sucer, à chaque instant,
mâchouiller les plastiques siliconés,
les bouts de pains détrempés de salive bravée
et prononcer des syllabes onomatopées.
Tu viens tout de suite !
J'ai besoin d'étendre sur le fil les tissus détendus,
ne surtout pas arrêter de rincer à l'eau oxygénée les taches éclaboussées.
Excuse-moi ! Mais c'est très douloureux;
Il n'y avait plus rien. Que vois tu ?
Que vois le merle sur sa branche , que vois le pin sur sa dune ?
Quand tu rentres, il fait plus frais derrière les volets et derrière les volets
les raies laissent les particules de poussière envisager derrière
la poussière des terres et la respiration des bêtes assoiffées.


Entre les plis de la peau, dans l'intimité des humidités cachées,
quelques gouttes sèchent sur les bords,
leurs contours calcifiés, opacifient les textures granuleuses
des roches et des chairs.
Le corps plonge les pieds en avant,
si la tête passe, tout passe.
Si mon bras pénètre cette caverne, il disparaitra corps et biens.
Si mon corps passe, au delà,  
apparaitra sous l'effet des lumières crues 
les petits pitons, les petits tétons, les petits pieds
portant des turgescences calcinées.
La fournaise.
J'entends un bruit, c'est un corps qui bouge.
La vibration accompagne la respiration, là, où, les membres
se referment enfermant la chaleur.
Ils ne sont pas sortis, à coté, je les entends,
dans les espace confinés, ils sont restés, des draps mouillés 
tendus à travers, après avoir été lavé,
guettent guêpes et mouches,
piègent taons et poux.

.


Envoyez dés maintenant

Envoyez dés maintenant et prenez les armes !
Parle moi avec un autre ton.
Ils sont tellement proches, ce n'est pas Hong-Kong,
ce n'est pas Macao. C'est un grand singe.
Ils sont si proches, les bruits des pas en est inaudible,
l'air se compresse dans les ramifications et la paume
des mains glisse lisse sur la peau des frondaisons.
Le cliquetis des pétales et de l'acier,
les informations superposées de bruits et d'odeurs
coupées par les ombres en plein soleil
me laisse à penser.
Vais je, une fois de plus, échapper aux fers
et si la participation suffit, au delà des limites supposées,
pouvoir arrêter l'accumulation des faits.
Je m'énerve sur un petit bout de pain mâchouillé
par une langue rapeuse, entre des lèvres noires
et roses en dedans.
Cela pourrait être une solution de cribler les torses,
de cibler les poumons, de mettre à terre
les longs pieds, les longs doigts,
les longs ongles.
Que le corps tranché ne retrouve plus sa perspective,
juste des vues éparpillées parmi
les frondes des fougères.



Quand savoir si je dépasse.
Le prix n'est pas le même et il n'y aura plus
d'heures supplémentaires pour cueillir
sur les parapets les débris et les épluchures
suspendus au vide, après le vide, rien,
après rien, la chute.
Tu te retrouves avec au loin des aurores,
quelques chips de betteraves émiettées en guise
de gouter, du temps perdu en tranches
de vingt-quatre heures, tu trouves sous les pierres
la trace des pierres, sous tes pas la trace de tes pas.
C'est l'heure de manger froid, la fatigue
encore cette fatigue, celle qui interdit
de dire les mots, la fatigue dans les jambes,
celle qui ne porte plus les os gelés
quand les jambes ont trop longtemps plongées
dans les eaux glacées des rivières pour traverser
de pierres en pierres par dessus ceux qui fuient
la griffe et le couteau afin de reposer abattu,
en travers des grilles, haletant, le souffle coupé
appelant sans voix à revenir en arrière.


Cela veut dire que le travail est de qualité,
nous voila protégés des courants d'air.
Les processions remontent vers le calvaire.
Dans la boite des petits bouts de pain et des croutes,
est reporté l'ultimatum de cent jours.
Mais il y a des peaux étalées, des transpirations
suant des gouttes odorantes de racines et de feuilles.
Des intestins  tordus en état d'urgence, tenus à distance
par les tréteaux où sèchent les morceaux sacrifiés,
vont se vider plus loin, loin des pieds entassés,
là où, les pavés lavés des débordements  et des promiscuités
suintent encore des souffles empêchés.
J'ai mis à cuire les restes et les courgettes,
préparé les assiettes et les couverts.
Le tumulte n'est plus derrière les murs.
Dans ma cabane en verre, j'ai tendu un fil
pour étendre mes slips, mes chemises et mes pantalons.


Tout ferme, tout est flou.
Si tu dois fermer la marche sans se priver
de répondre aux sollicitations de tout ceux
qui dans la rue retiennent les choses qui tombent.
C'est comme ça que les choses tombent.
Je n'ai vu personne, ni entre les portes,
ni entre les murs, en changeant d'optique
la gravité s’accélère, les espaces laissés vacants,
sauf ceux sous terre, gonflent rendant la pression
plus amère.
Plus légère ou plus amère,
si tu lance un rocher, qu'il fracasse
la tête ou le cou entre l’omoplate et la vertèbre,
qu'il écrase  un pied ou le genou au-dessus de la rotule,
forcément le corps ne sera pas le même
et les conséquences inégales,
mais si tu perce d'un bâton l’œil sous la paupière
ou la tempe prés de l'oreille, tout ce qui est gagné
est perdu, le sens de circulation inversé,
ce qui est à terre au ciel.
Au sud les jambes accrochées aux poutres
se relèveront, au nord les bras pendus au plafond
se détacheront tentant d'échapper
sur des orbites solaires
aux trajectoires circulaires.




Comment je peux controler

Comment je peux contrôler,
aujourd'hui, on nous dit, le plaisir
en public à une condition.
A condition, l'espace en intervalle, de parler
avec ses mains cachées, suspectées d'avoir
ramassées de grains et des graines pilés.
D'un coté la douleur à l'intérieur des os,
s'habituer à la douleur, reporter l'exercice
et choisir le bon fournisseur apportant
l'eau, le gaz aux étages.
Et de l'autre coté, j'ai pris un peu la route,
il fait chaud, les bruits sont revenus,
crissements et frottements,
pas moyen d'éviter la cohue, cahin-caha
on n'a pas le temps de se laver.
J'échange des obsessions crachées par dessus
les épaules dans l'espace intersidéral,
l'apesanteur s'apaise, mes flux reflux,
 mon sang coagule, mon estomac est plein, j'ai mangé
un insecte et une fleur de souci, les petites pattes
et les pétales colmatent les orifices sanguinolents.
Cela fait du bien, un sentiment où rien ne passe,
le bourdonnement des ailes dans l'air,
tournant et tournant,
les petits cris des becs dans les pierres,
cliquant et cliquant.



A l'ombre, il fait bon, il fait frais.
J'ai abandonné l'idée de climatiser
entre les branches où tu pourras cueillir
les épines piquantes.
Laisse ouvert sur le bol où cuisent les noyaux,
les chaleurs transpercent les filtres pour
pénétrer derrière la paroi parfois impénétrable.
Tout le corps passe, les poils frisent au contact
de l'écorce, la peau se rétracte si l'épine pique,
la pupille dilatée explore les interstices de poussières.
Sur les branches pose l'humidité évaporée,
repose le fruit éclatée par les griffes des animaux
à pattes et les petits déchets de l'intérieur
à l'aspect brillant et luisant.
Sur le bol après la cuisson restent les bulles d'eau
opaques, leurs grains de calcaire humide,
collant aux surfaces concernées indésirables
où ne s'accrochent plus que quelques bouts
de peau rongée suspendus aux épines écarlates.



Comment faire pour ne pas mettre en danger
et être suspendu au plafond,
sans rendement et sans retour, inquiet !
Où cela va t'il nous mener ?
Que va t'on manger comme féculent ?
La  digestion se met  en route sous la lumière noire
de l'orage, les bruits sourds à l'intérieur,
les bruits graves sur les êtres volants.
Les êtres en mouvement et les êtres digérés,
noirs sur fond gris, avalés par les limites,
surgis des opacités, envahis de rideaux d'eau,
fendent l'épaisseur humide
la peau moite, le souffle lent,
les pieds ne reposent plus sur rien,
entre mes pieds, rien.
Je n'ai rien pu faire,
j'ai envie de ne rien faire,
pas grand chose se passe,
on pourrait même dire
qu'il ne se passe rien.

Tu vas venir

Tu vas venir avec moi, il ne sera pas là avant sept heure.
Je ne sais pas si je dois y aller demain,
le pieds ont rompu et demain, demain !
L'incertitude me hante, la chaleur est juste là
sur la peau rose, tendre et dévêtue.
Ce n'est pas certain que demain mous puisons remettre
à plus tard les chants des merles et les roucoulements.
Je recommence au début.
L’éternuement me prend, l'intérieur est intact
les fluides circulent dans le sens de la marche avant
sans cahot, ni secousse, juste, peut-être, parfois
le sentiment que le vide se fait, l'eau en gaz,
la chair en pâtée.
Je recommence au début.
Plus besoin de se cacher sous les mousses,
de se terrer dans les terriers, de se laver
avec sa salive léchée.
Il parait que bientôt, le vent soufflera
d'ouest en est, que le pluie tombera, légère,
mouillant délicatement les pétales de roses,
que le sang se répandra entre les doigts noirs
de terre grattée, que mes plaies pourries
trempées de vinaigre aigre
ne se refermeront pas.

Quand viendra !

Quand viendra ! Quand viendra la poussière sur le banc,
la cendre autour des pieds des pommiers,
les traces du passage de l'air entre les tombes
du cimetière derrière les murs du cimetière.
Et le vent, un souffle sans fin.
Et le son du vent, hululement et sifflement.
Et l'infini après le vent, derrière la butte ondulée
des herbes egrainées.
Il fait un peu meilleure, tout ce qui est alimentaire
est ouvert.
L'oiseau est revenu, pourtant son trou bien fermé
semblait bien fermé.
Les moineaux ne quittent plus leurs brindilles,
interdisant les cris et les roucoulements.
D'autres s'en chargent, claquant leurs bras de  bêtes
dans l'air, glissant entre les particules,
ne s’arrêtant que sur le fil tendu d'un poteau suspendu.



Si ce n'est pas fini.
déjà en temps normal, nous n'avons pas envie d'y aller.
J'ai mis une plaque sur quatre boules
et sur la plaque des bêtes à quatre pattes.
Des pattes aux griffes crochues.
Des dents derrière la langue mouillée, humide.
lI n'y a pas trop d'information, c'est la débandade.
Dans la gorge mouillée, humide la langue rappe,
déglutie, laissant couler vers le tuyau
les liquides opaques et épais.
Je laisse ouvert au cas où !
Au cas où on se tordrait le cou.
Les liquides sont ainsi, ils coulent superposant leur épaisseur.
Rien de nouveau, la distance est respectée, le gout est revenu.
Le gout de la couleur et de la moutarde.
Le gout des piquants et du chorizo.
Le gout du vif et de la roquette.



Un filtre doit se nettoyer à chaque fois.
La mise en sécurité, pour bien nettoyer, gratter
à chaque fois, tourner à vide et retourner
en sens inverse.
La machine encrassée, crache un bruit sourd, s'arrête,
s'arrête à nouveau, définitivement.
Un long bois grimpe autour du torse, pénètre
sous la peau, tranche par la couleur
avec la blancheur de la peau rose.
Les os découpés en tranche bouillent
avec les troncs tronçonnés dans le faitout.
Sous les pieds, mes pieds,
sous mes pieds, les restes de repas épars,
les vibrations des engrenages corrodés grinçant
les grains de sables isolés, abandonnés
aux gravelots à collier interrompu.


Ils me diront : tu ne travailles plus !
Je me remets à travailler.
Poser, superposer, porter, supporter
J'attends des bocaux immobiles un imperceptible déplacement,
des torchons éparpillés sur la table essuyée un léger mouvement.
J'attends de l'eau qui bouille  une chaleur signifiante.
J'attends des odeurs de l'eau évaporée
qu'elles descendent des poutres vers les chaises rangées en rang
sous la table essuyée.
Entre chaque mouvement, quand les images s'écartent :
accélération.
Entre chaque mouvement quand les images se rapprochent :
décélération.
Combien tu dis ?
Je n'ai rien dis !
A travers les tissus respirés, la buée se dépose sur les yeux embués,
hors de question de s'essuyer
même avec un mouchoir en papier.
Que fais tu ?
Je ne travaille pas,
je remplis des sacs de goudron,
je passe des câbles dans la terre,
je découpe une cuisse de poulet plumé,
je déplace des mots insignifiants
d'une ligne à la ligne.


J'étouffe, obligé, c'est l'heure de la sortie.
Dés que quelqu'un arrive, l'espace s’agrandit,
ma lourdeur envahie la peau et sous la peau
la chair s'épaissit. J'emporte avec moi des jambes.
Que vais en faire?
Trainer lentement entre les pas des portes fermées,
ouvertes, traversées de courant d'air ; traverser en travers
le gué de l'épine et à mi-mollet toucher du bout du pied
la tangue à peine séchée.
J'emporte avec moi mes bras ballants, les coudes pliés,
j'échange un doigt contre un pouce,
une paume contre un poignet dans un sac hermétiquement clos
à l'abri du vent du nord projetant des embruns et des algues brunes
par dessus la dune, les oyats, les pins, les parasols.
Elle est opérationnelle, même sans avoir l'habitude,
entre les deux le transfert se fera, la transmission sans doute pas,
c'est toujours une histoire à repenser pour ressortir,
le pendu déposé, la langue bien pendue,
les jambes pendus à son cou.

A l'abri


A l'abri, repoussant une toux sèche venue de l'intérieur,
d'un boyau tordu s'échappe difficilement un tas boueux.
La douleur, toujours la douleur, utiliser les outils
pour trouver une solution à la douleur.
Tordre le cou, pour apercevoir, je me tord le cou,
mon ventre se tord, tout en bas vers la sortie.
Personne ne sort, vous n'avez pas le droit.
C'est un spectacle qui avait bien marché,
ils ont parlé de choses jamais vu, pour certaine
jamais sortie et quand  ils les ont vus enfin du début
à la fin, la sidération fut-elle que les têtes
tombèrent dans le sceau au pied du comptoir,
la langue entre les dents, les dents dans la bouche,
la tête, la gorge tranchée. Un trou béant
où plonge une masse visqueuse, collant
les doigts aux surfaces désintoxiquées.
Il faut l'arrêter, toutes ces choses futiles,
faut-il les arrêter ? Des têtes vont tomber,
des ventres étriper, pourtant d'ici je n'entends rien.
Je serai curieux qu'avec mes yeux
les orbites ne tournent plus rond.


Je ne suis pas allé dehors. Les sifflements s'échappent
par les interstices des portes fermées, la clé dans la serrure,
le pas de la porte bloqué, les pieds suspendus.
Toute la journée devant l'image,
lécher de soupirs perdus, grignoter des vérités
énoncées magistralement
quand alors dehors derrière la haie
la pierre n'a pas bougé.
Rien n'a bougé, l'herbe entre les pierres,
les racines sous les pierres, les branches sur les pierres,
je n'ai pas bougé,quand bien même la chaleur
et le vent me pousse.
Les corps allongés sur le ventre sous un pale  tissus,
entre des chariots remplis de pomme de terre, remplissent
les trous creusés, une pelle dans chaque main, des bottes
aux pieds pendus pas les pieds.
Mais quelle misère ! J'ai besoin de chaleur, d'un peu de pluie,
nous risquons d'en pâtir. Nous allons partir.

Cent millions sont arrivés par dessus.
La capacité à produire est dépassée, tellement dépassée.
Elle parait tellement loin, d'ici on ne voit rien,
elle parait tellement inutile, d'où nous sommes,
dans le ventre, entre deux monticules.
A pars ressentir juste le matin et un peu le soir
le souffle du couteau, tu ne seras pas soigné.
La plateforme est investie dans l'urgence,
inutile de créer pour dix ans, demain, déjà, peut-être,
l'urgence est si proche, testée ce matin en direct
elle semble efficace.
Plus rien ne pousse, que peuvent ils dire,
plus rien n'est dit, que peuvent ils chercher ?
Je vais planter avec une pelle tranchante,
tailler avec une lame tranchante, les bêtes s'enfuient
cherchant une grotte opaque, grattant les mousses touffues,
griffant les écorces en lambeaux de viande écorchées.
Nous faisons le tour du chemin en quête d'un fruit,
nous appelons lili et mimi, nous cuisons des lardons
dans un eau propice à la cuisson.
Nous nous mangeons le pouce, la fesse, la cuisse,
la langue qui s'amuse avec les mots
et les maux mal venus.

Il faut faire cela, je ne peux plus m'agenouiller,
les os et les articulations, même ma vue faiblit.
J'articule moins bien les mots entre les mots.
Il faut sans faute se mettre en mouvement,
piétiner les pierres enterrées, éviter les herbes
et les bulbes gonflés par l'humidité tombant
chaque matin après les premiers  sons de l'Angélus.
Il est sept heures, il est midi, il est dix-neuf heures.
 Malgré les contrôles incessants,
les aides à la respiration,
les couts de bâton dans les cotes,
ils n'ont pas cessé de cueillir dans les lierres
les baies sucrées, dans les pieds de ravenelles
les graines ocre orangées, d'arracher des murs
les ruines et les désespoirs.
Sans te blesser, tu vas être obligé d'en retrouver un,
le premier est sec, son sang séché.
Le moteur à courant continu, continu,
vibrant, grinçant, circulant le fluide d'une poche
à une plaie pleine de pus.
Je n'en peux plus.


Des pieds dans l'herbe prés des pierres volées,
plus loin, en haut, là où l'eau roule et charrie
des algues brunes arrachées aux rochers venus
du fond du fond des bassines et des bidons.
Un grincement écoute
une vibration sent
Une circulation expire
Les revoilà, les animaux ailés
avec leur bec et leurs dents, leur bec grince
et claque, leurs dents mordillent et crissent.
Retourne dans ton trou, dans ta caverne,
cache ta peau avec des peaux d'animaux poilus,
crache tes immondes du fond du fond
de ta respiration, trace des signes
sur ta bouche cousue, coud toi un manteau
de morve sur ton souffle court.
Reprends ta respiration, souffle, inspire.
Que peux bien t'inspirer les promesses de pluies,
un merle piquant un ver dans le massif d'orlayas
et le claquement d'une fenêtre entrouverte.

Mord