Hououou Hououou Hououou

Hououou Hououou Hououou
Les os n'ont pas percé la peau.
Les boyaux n'ont pas grogné sous la peau.
Je suis soulagé.
La situation traduit une nette amélioration.
Certain vont mieux.
Quand il a fallu partir, profiter des conditions idéales,
du beau temps, calme, tiède, une plaque est apparue
sous la lèvre, le moral n'est pas bon.
Une croute qui se détache, un liquide épais et blanc qui coule,
le bruit à nouveau dans le ventre où circule 
ces bouts bout à bout.
Je ne sais pas si c'est le moment, mais ce n'est pas terrible.
C'est où ? C'est beau !
En voyage côte à côte sans apercevoir l'autre coté,
ni les secondes troubles,
ni cette éternité du moment éternellement répétée
seconde après seconde.
Avant, rien. Après peut-être.
Tout de suite, la suite, le nerf coincé, la chair brulée, les inquiétudes.
Maintenant, la main qui tremble, dans l'oreille le bruit du temps,
le son de la cloche,
le cri des oiseaux,
l'appel inaudible sans une connexion sans fil.


Un endroit merveilleux

Un endroit merveilleux, où sans se presser,
les lucioles courent sous les trombes, échappant
aux pierres et aux trompettes.
Aussi loin que le regard porte, brillent les faux,
les champs ondulent, le terre pénètre la terre,
l’ornière garde l'eau, le silence présage.
C'est un monde de plaines courbes laissant le temps
d'apercevoir les abris sous roche et les manches des coins.
Les bruits s'oublient sous la mitraille,
ne sécheront pas les fruits aux écorces odorantes,
ni s'entendront les appels des chevaliers gambettes.
C'est parti ! Sous le pas s'évapore l'humidité,
glissent les pas entre les herbes et les ruines des ciments
abandonnés encore marqués par la trace des pieds nus
jusqu'au genoux.
Dans la boue, en haut des cuisses, de l'eau dans les poumons,
des bouts de bois dans les narines, la respiration courte,
peu de chance d'entendre le sifflement des canons
et le choc des obus.

Aprés cela

Après cela, il fait moins sombre pour la mission.
Remplit, l'objectif à peine visible
ne restera pas longtemps à portée de tir.
Sur les pierres de ciment
les baves glissent, avec la pince coupante
les liens tombent, mais les orteils aussi.
Comment prendre à revers sans bruit, sans ombres
avec pour seul désir de revenir au temps
des mûres et des hérissons.
S'approcher au plus prés, quand l'herbe humide
du matin ne séchera que sous l'effet de la brise
rend impossible l'effet de surprise.
La nuit les corps brillent
le jour les corps suent.
L'aurore aura encore sa chance.
Je m'y connais en course, remplir les sacs,
pousser entre les murs des colonnes et des bidons.
A chaque détour, recule .
En sortant attend, ta vie en dépend
de cette place qui t'es réservée
ou de celle où tu t'es garé.


Tu rêve !

Tu rêve ! Voilà le mauvais temps.
Surgira l'eau et le vent.
Les allongés sont toujours allongés.
Les pieds au bout contre rien.
Emportées avec la boue, les mains
n'attrapent plus rien.
Sont tombés les murs de pierres.
Emportées vers le bas des murs
les pierres brisèrent les murs.
Les troncs couchés n’arrêtent
que l'eau et le vent traverse
les membres éparpillés.
Ils ne disent plus rien.
Les jambes courent après les bras tendus
pendues aux branches des pins parasols.
Tu rêve !
Le trou n'est pas si profond
qu'il ne laisse qu'une plaie grise et collante.
Le coup n'a pas été si fort qu'il n'a pu qu'abasourdir le dernier passant.
Les flèches venues d'ailleurs, obligent à se terrer
sous les cendres et les remblais.
Leurs pointes n'est pas si pointues
qu'elles se sont brisées au contact
des missiles à moyennes portées.

Les parts partagées

Les parts partagées finissent en rien
de pâtes de lombric sans pattes machouillant
ceux qui sont tombés à terre, transformant le débris
en compost humide et odorant.
Que tout est dur, quand le vent pousse
les pommes à terre, qu'entre les mottes 
des trous de vers descendent vers les profondeurs.
Il est un peu mieux, souvent desséché,
alors que tous les autres humides et moites prospèrent.
Il a encore peu souffert, malgré le bruit du fond
du tuyau de l'évier.
Où va le son ?
Le morceau disparait, le vide reste opaque et sombre,
abandonné aux ombres et aux ténèbres.

Au-delà des statues

Au-delà des statues, une pointe dans l’œil
nous avons parcouru les sentiers
attentifs aux ombres entre les branches,
attentifs aux bruits entre les troncs.
Quand le blanc des pierres disparaît derrière le lierre,
les veines des chairs sous la peau,
il est temps d'allonger ses jambes.
Allonger le pas entre les socles taillés dans le marbre marbré de rose,
entre les rosiers taillés dans la roseraie parfumée de roses.
Un désert de rocs dans une légère pente parsemée de thym et de persil,
la trace d'une vie dans l'humidité de la mousse et du lichen,
des grains de poussières éparpillés entre le souffle et le vent.
Sous la peau le picotement, la brûlure du feu sur le bout des doigts.
Je le savais,
je savais qu'il ne fallait pas y aller,
qu'il fallait rester assis sur le mur séparant
le jardin et la forêt.

Tout le monde travaille

Tout le monde travaille, tout le monde a repris.
On n'y arrive pas, pas comme on voudrait.
Pas sans se cogner sur des tables à quatre pieds,
posées en travers des expertises parlées à travers
des objets immobiles.
L'activité dévoile les ombres des règlements, des objectifs
classés dans des dossiers en carton.
Ceux qui sont partis, n'ont rien ramené.
Ce que j'ai fait m'a semblé très bien,
malgré les poussières, la chaleur du soleil,
le cœur malade.
Les cahiers entassés n'expliquent pas pourquoi
rien ne s'est passé comme prévu, obligé de s'assoir
le dos au mur.
Tu peux toujours attendre la fin du jour, attendre
que rien ne se passe ou  chaque heure ressemble
aux autres heures.
Compter les minutes, chaque minute passée est passée.
J'ai repris le chemin, je suis là.
J'attaque les couloirs et les entresols.

 

En septembre on s'en sort a peu prés,
aujourd'hui en rang sur des chaises empilées.
Les matières molles entre les matières dures,
espacent les corps inertes.
Leur somme est supérieur à la totalité 
des dos, des pieds, des bras entassées.
La théorie de la conservation de la masse de la matière
ne peut pas se faire sans prendre en compte
les corps intermédiaires crées 
quand la séparation
les éloigne les uns des autres.
La grande table avec son avis de réunion
pour donner les objectifs de bois, de carton,
constructions de boites emboitées,
réunie la vapeur des mots projetés.
Un ogre rode, posant son mouchoir à l’arrière 
des derrières, affiche les contacts à restreindre
comme ce jour 
où je me suis couché trop tard
pour être fatigué dés le matin.
Le regard vers les pointes tendues
calcule le temps nécessaire au déplacement
afin de combler par des conjonctures ces silences
interrompus d'éclaboussures machées, crachées
puis avalées.

Moelle