Ils plantent des citronniers

Ils plantent des citronniers.
Le son est incessamment répété en continu.
Creuser, frapper, trancher, composer.
Faire du bien.
Reposer les mains.
L'appel sonne, quelqu'un cherche à appeler
pour parler des mots obligés, pour savoir si ils ont tout vu,
des racines, des pépins, des épluchures.
Arrêter le vent.
L'amertune, besoin de lumière, la fatigue qui étreint,
cette couleur hypnotisant, l'acidité du grain,
ce besoin de temps calme, doux, légèrement humide
autour des parterres de fleurs sous les feuilles.
Ils doivent aller voir la planification, les rangs seront serrés,
tuteurer avec les tuteurs et leur caoutchouc, respecter les distances.
Deux euros soixante dix huit centimes n'ont pas été compté
dans le bilan, le paisible est si proche, la douceur des mains lavées
avec l'eau du pluie  ne coute rien, que le seau monté du puits
au bout de la corde tendue à la verticale du fond des pierres mouillées
où résonnent grattements et claquements.

Où vont les chiens ?

Où vont les chiens?
Je me tiens prés au cas où, je dois trier
dans l'ordre, les arcs et les solives,
les dards et les solides.
Je dois impérativement aller pus vite,
l'accélération sera fulgurante,
le passage au point de contrôle laisse à peine le temps de souffler 
et le temps de passage aux portes largement dépassés depuis le dernier contrôle.
D'où viennent ils ?
Les espaces sont si lointains, les temps de parcours
si longs que la préparation psychologique est nécessaire.
Le guide d'évaluation guide les démarches.
Qu'en sera t il ? Quand l'évolution aboutira
à la perfection, l'eau pétillante aux bulles pures,
avec son message de bienvenue
adressé à tous les êtres vivants sous les ponts
et sous les rambardes de fer.
Qui est elle ? Celle qui ne vient qu'une fois par an,
un éclair opaque et sombre, éclairant à peine
le pas et le sas.
Des murmures éparpillés,
des ordres sous entendus,
à cacher en haut de la cuisse,
qu'il s'y passe quelque chose !

Longtemps, sans évoluer.

Longtemps sans évoluer, un bloc profond
à peine accessible, tout sera tenté.
Tout sera tenté pour éviter la profondeur,
les espaces lointains, la gravité.
Dans l'espace clos du vaisseau, le silence peut-être total,
les pas sans pied, les sons sans vibration, 
les écarts infimes entre les particules
et les écarts infinis entre les poussières.
Il n'y a plus que lui, il c'est plein de ne pas avoir eu du temps,
des temps raccourcis et des temps rétrécis.
La vitesse du son sur la lame du couteau, 
ça y est, il y est arrivé,
la vitesse des atomes sur l'anse du bol,
ça y est, il y est arrivé,
la vitesse de la lumière sur l'ombre de l'évier ,
ça y est, l'eau s'est évacuée.
Le temps d'infuser l'étoile,
l'étoile s'est dissoute
et dans l'espace clos du vaisseau
la poignée n'ouvre plus les vaisseaux aux flux ininterrompus
des particules responsables de la couleur de la peau.


Je n'ai pas eu l'impression

Je n'ai pas eu l'impression d'avoir eu une coupure.
Vivement qu'il parle à la télévision du sens
à donner aux multiples courants d'air et
qu'enfin après cette longue marche au milieu
des fougères, je puisse pénétrer la forêt sombre.
Je me suis assis devant la télévision quand
sur les orbites au-delà de la ceinture d'Orion,
les sondes rendirent un éclat pâle impossible
à ressentir sous le couvert.
Ne pas refaire, pile poil, ce qui a déjà été fait.
Faire avec le 29 décembre, les averses froides
d'eau froide, l'air entre les pieds des chaises,
la mésange accrochée à sa graine.
A coté, je n'ai pas vu du monde, vu et oublié la chaleur.
Au loin, j'aperçois des traces de mondes reliés
par une ligne éphémère, les brosses du ciel traversé
de poils échappés des cadavres d'objets volants.
Ce n'est pas le même contexte.
C'est long, c'est long.

On ne représentent plus rien

On ne représente plus rien, les genoux n'écorchent plus
sur le ciment des bateaux
et les coudes jouent dans les imperméables de laine
bleue marine.
Que cherchent tu as me dire?
Avec ta bouche sèche et ces quelques syllabes incompréhensibles.
Je sais, ça va aller, on va y arriver, à finir comme toi
l'esprit déjà accroché aux détails des murs sans cesse plus proches.
Il ne reste bientôt plus que des peaux tachées,
la peau de l'ocelot, du jaguar,
la vielle peau brune du boa,
les taches sur la peau des bras, des mains, des doigts.
Par moment je n’entends plus rien,
je ne comprends plus rien et en plus
tout le monde arrive demain.
Il y a assez de bazar comme cela, assez pour écouter
l'éponge sur la table de la cuisine,
le pas sur le pave de la cuisine,
les traces du repas dans l'évier de la cuisine.

Les volumes s'équilibrent

Les volumes s'équilibrent, même sous les oreillers
le cerne des yeux sous la pupille dilatée traverse
la longue nuit des tombes pillées
après le passage des fers sur les pavés
de cette ancienne voie romaine
sans laquelle nous ne serions pas allé aussi loin.
Chacune est assise, un couteau et un pinceau,
du rouge pour la couleur,
du noir pour l'ombre du four.
Ne pas enregistrer et ne pas répondre,
ne pas y aller.
Ne pas se battre perpétuellement bâton contre bâton
ou plutôt se battre perpétuellement fer contre fer
pour assouvir notre soif de tranchant,
la lame aiguisée tranchant la veine et le drap
rangé tout en haut du placard taché des projets.

Ce n'est pas dedans

Ce n'est pas dedans, c'est en dehors.
Nous n'étions plus que vingt-quatre, tous dans la même photographie
a regarder à terre, sous les pierres si ne germaient pas les ongles des pieds.
Nous sommes le vingt et un, à force de chercher
les contrôles ont fini par aboutir  au même résultat ; des gens perdus
sous les feuilles avec leur sac et leur papier.
Recommençons !
Il y a quelque part quelque chose
qui compte pour nous, pour assurer le mur contre les aléas 
ou pour rendre compte des joints distendus.
La solution ne viendra pas des slips et des culottes
où se cache la mémoire des mains
et  si sur les étentes  sèchent les remords, 
la morsure de l'élastique sur le pli de la peau marque
la fin de l'endroit où j'aurais tant aimé planter le cornus sanguinéa
pour cacher une interprétation propice aux songes.

Mord