Je tombe

Je tombe je tombe je tombe
Qu'est ce que c'est cet amas de boue
Je m'assoie
Je tombe je tombe je tombe
Qu'est ce que c'est ce monticule de pavés
Je m'allonge
Je tombe je tombe je tombe
Qu'est ce que c'est cet amoncellement de gravats
Je m’enfouis
L'amas de boue
Le monticule de pavés
L'amoncellement de gravats



Entre nous

Entre nous et en-dessous
Non non ne ne t'envole pas
Non non ne ne sautille pas
Entre nous et au-dessus
Non non ne ne galope pas
Non non ne ne trottine pas
Entre nous et au-delà
Non non ne ne rampe pas
Non non ne ne t'enfouis pas
Entre nous la peau poilue
Entre nous les écailles pointues
Entre nous les plumes touffues
Non non ne ne mord pas
Non non ne ne pince pas
Non non ne ne pique pas
Non non ne me mord pas
Non non ne me pince pas
Non non ne me pique pas

Oh

Oh les poissons volants
Oh les mammifères marins
Oh les oiseaux coureurs
Nous sommes venus très nombreux
Oh les grenouilles arboricoles
Nous sommes devenus très nombreux
Oh les canards plongeurs
Nous sommes devenus trop nombreux
Oh les singes araignées
Nous sommes une multitude de pieds et de pattes
Oh les crabes terrestres
Nous sommes une multitude de doigts et de griffes
Oh les chenilles processionnaires
Nous sommes une multitude de dents et de becs

Coucou

Coucou coucou le haricot grimpant
Coucou coucou la pomme de terre nouvelle
Coucou coucou la verte courgette
Les grands drapeaux volants au vent 
Coucou coucou le serpent rampant dans le champ
Les grands objets ailés volants au vent
Coucou coucou le nouveau né du renard doré
Les grandes bombes chargées volantes dans le vent
Coucou coucou mon amie si jolie sous le pommier
Les grandes fusées fuselées volantes dans le vent
Coucou coucou le troupeau de bisons dans l'herbe fauché


Où Où

Où où vas tu dans ce vallon envahi de fougères
Que que fais tu dans cette ruelle envahie de poussières
Où où t’arrêteras tu dans ce vallon noyé sous la brume
Que que transportes tu dans cette ruelle noyé sous le bitume
Jusqu'où jusqu'où les traces du hérisson mèneront elles
Jusqu'où jusqu'où les gouttières sur le trottoir déborderont elles
Il pleut enfin
Il gèle enfin
Il vente enfin
Enfin enfin le sommeil profond brusquement inondé
Enfin enfin l'éternité rêvée lentement congelée
Enfin enfin le paradis enchanté innocemment envolé 




J'entends

J'entends un son effrayant
Une paire de draps à laver et à essorer
Sans possibilité de se laver au robinet
Par la canalisation j'entends un son effrayant
Une paire de draps à étendre et à sécher
Sans possibilité de s'étendre sur le parquet
Sous les combles j'entends un son effrayant
Une paire de draps à repasser et à ranger
Sans possibilité de passer à travers la cloison
Derrière la porte j'entends un son effrayant
A travers les eaux dormantes a demi-conscient j'entends un son effrayant
A travers les eaux dormantes mon sommeil s’évanouit au son d'un son effrayant
A travers les eaux dormantes je me réveille éveillé au son d'un son effrayant

 


D'énormes

D'énormes quartiers de roches nues
Tombés au milieu de la forêt
D'énorme quartiers de roches nues
Tombés au milieu de la prairie
De grands troncs d'arbres écorcés
Aussi hauts que le chaos entassé
De grands troncs d'arbres écorcés
Aussi hauts que le chaos éboulé
L'ombre donne la fraîcheur adéquate
Prés de l'endroit où la chaleur écrasante
Prés de l'endroit où la chaleur étouffante
Rend impossible la halte
Sous les quartiers de roches nues
Tombé au milieu de la forêt
Tombé au milieu de la prairie
Enseveli sous le chaos entassé
Enseveli sous le chaos éboulé


BOYAU