Dans le bois

Dans le bois sacré bison crocodile lézard
Dans le bois sacré des feuilles du ciment des tuyaux
Dans le bois sacré ocre jaune paille

Hors du bois sacré mouvement étrangement lent
Hors du bois sacré son étrangement fort
Hors du bois sacré entaille étrangement profonde

Dans la forêt noyée salamandre cloporte araignée
Dans la forêt noyée des racines de l'acier des tubes
Dans la forêt  noyée cramoisi rouge moutarde

Dans la forêt pétrifiée mouvement éternellement répété
Dans la forêt pétrifiée son éternellement entendu
Dans la forêt pétrifiée entaille éternellement ouverte


Le mouvement

Le mouvement est étrange
Des fleurs encore des fleurs
Le son est étrange
De l'herbe encore de l'herbe
L'intérieur du corps est étrange
Des bêtes encore des bêtes
Le second mouvement dérange
Des fleurs encore des fleurs
Le second son dérange
De l'herbe encore de l'herbe
L'intérieur du corps dérange
Des bêtes encore des bêtes
Le troisième mouvement démange
Des fleurs encore des fleurs
Le troisième son démange
De l'herbe encore de l'herbe
L'intérieur du corps démange
Des bêtes encore des bêtes

Entouré

Entouré d'anges et de réglisses
Entouré de pains et d’orthoptères
C'est si long
C'est si loin
Entouré de nymphes et d'épices
Entouré de tartes et de lépidoptères
C'est si long
C'est si loin
Entouré de Néréides et d'hyménoptères
Entouré de brioches et de mélisse
C'est si loin
C'est si long
Entouré de naïades et de volubilis
Entouré de flans et de coléoptères
C'est si long
C'est si loin
Entouré de déesses et  d'oxalis
Entouré de biscuits et d'odonates
C'est si long
C'est si loin



Que le destin

Que le destin des anges
De ceux qui rangent et dérangent
Que le destin des anges
De ceux qui balaient et déblaient
Que le destin des anges
De ceux qui pluches et épluchent
Que le destin des anges
De ceux qui parent et réparent
Que le destin des anges
De ceux qui nettoient et salissent
Que le destin des anges
De ceux qui mentent et démentent
Que le destin des anges

Couvrez moi

Couvrez moi de fleurs mauves
Couvrez moi de fleurs aux pétales enroulés
Couvrez moi de fleurs jusqu'au bout
J'ai mis les pieds dans la boue
Couvrez moi de pierres grises
Couvrez moi de pierres aux éclats cassés
Couvrez moi de pierres tout entier
J'ai mis la tête dans le sac
Couvrez moi de plumes irisées
Couvrez moi de plumes aux pennes fendus
Couvrez moi de plumes par-dessus
J'ai mis les mains dans les poches


La-bas au loin

La-bas au loin
Des trous d'où des têtes apparaissent
Et la-bas au loin
Des trous où des têtes disparaissent
Que cela peut il faire
D'apparaitre tout entier d'un trou
Et que cela peut-il faire
De disparaitre tout entier dans un trou
Se souvenir des moments heureux
La tête apparaissant d'un trou sombre
Et se souvenir des moments heureux
La tête disparaissant dans un trou sombre


Avec

Avec se volcans
Avec ses tas de pierres
Un bâton à la main
L'ongle cassé dans le bâton
A qui le ravin
A qui la plage
Un tube à la main
L’œil vitreux dans le tube
Pour un vaisseau
Pour un navire
Une corde à la main
Le cou tordu dans la corde

Oedeme